HOME
  • About ENSU | Про RESU | À propos du RESU | Acerca de la RESU
CALENDAR OF COMING EVENTS

LANGUAGES | LANGUES | МОВИ | SPRÅK | SPRACHEN | KIELET | IDIOMAS | JĘZYKI | JAZYKY | ЯЗЫКИ | ΓΛΩΣΣΕΣ | LÍNGUAS | TALEN | |語言 | 언어 | زبانیں | DİLLER

SOCIAL MEDIA

SOLIDARITY GROUPS AND SOCIAL MEDIA IN YOUR COUNTRY

SOLIDARITY: INITIATIVES, PROJECTS AND EVENTS

UKRAINE: MAJOR THEMES

UKRAINE IN WORLD POLITICS

RUSSIAN WAR CRIMES AND CRIMES AGAINST HUMANITY

RUSSIA: ANTIWAR RESISTANCE AND OTHER ISSUES

STATEMENTS BY ENSU-RESU

STATEMENTS BY ENSU-RESU AFFILIATES

LEFT ELECTED REPRESENTATIVES FOR UKRAINE

SOLIDARITY WITH UKRAINE CONFERENCES

UKRAINE AND THE LEFT

DISCUSSION

AUTHORS (SELECTED)

GLOBAL CALL: UKRAINE MUST RECEIVE ALL IT NEEDS TO WIN A JUST PEACE!

Russie. La solidarité plus forte que la répression: le cas de Boris Kagarlitsky

Content
www
https://alencontre.org/europe/russie/russie-la-solidarite-plus-forte-que-la-repression-le-cas-de-boris-kagarlitsky.html
Date of first publication
11/05/2024
Author

Suzi Weissman

image

Boris Kagarlitsky a été désigné comme le premier lauréat du prix «Prisonnier de conscience» de la Fondation Daniel Singer [Daniel Singer 1926-2000, intellectuel polonais d’origine juive, journaliste-écrivain, d’orientation socialiste, ayant publié dans de très nombreuses revues].

Boris Kagarlitsky est maintenant dans son lieu de détention «permanent» après avoir été déplacé deux fois pendant la période dite de quarantaine [voir sur ce site les articles publiés les 2 et 8 avril]. L’assassinat d’Alexeï Navalny par l’Etat russe souligne la nécessité d’une campagne mondiale pour la libération de tous les opposants au régime de Poutine, emprisonnés.

Le 13 février 2024, Kagarlitsky a fait l’objet d’un procès «en appel» inattendu, au cours duquel les procureurs ont demandé l’annulation des résultats du procès de deux jours qui s’est tenu en décembre 2023. Alors Kagarlitsky avait été libéré avec une amende après avoir passé 4,5 mois en détention provisoire dans la République des Komis, à 1000 kilomètres au nord de Moscou.

Il risquait une peine de 5,5 à 7 ans d’emprisonnement pour «apologie du terrorisme», mais il a été libéré moyennant une amende de 609 000 roubles, soit environ 6500 dollars. De prime abord, l’accusation était absurde. En fait, elle s’inscrivait dans le cadre d’une attaque généralisée contre le mouvement de la gauche russe dans son ensemble et contre l’organe de presse Rabkor de Kagarlitsky en particulier. Elle constituait une mise en garde aux opposants à la guerre et au régime: rompre le silence à propos de la guerre aurait de graves conséquences.

En effet, au moment de l’arrestation de Boris, quelque 21 000 personnes avaient déjà subi des représailles pour s’être opposées à la guerre du Kremlin contre l’Ukraine, dont plus de 2000 avaient été emprisonnées, selon Amnesty International.

Dans le cas de Kagarlitsky, l’accusation de justification du terrorisme portait sur des remarques ironiques qu’il avait faites dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et intitulée «Explosive Greetings from Mostik the Cat» (Salutations explosives de Mostik le chat). Les autorités n’ont pas compris la plaisanterie de Boris et ont soutenu que Kagarlitsky justifiait l’explosion du pont de Crimée.

Dans la vidéo, Boris Kagarlitsky note que la veille de l’attentat [attaque contre le pont de Crimée le 8 octobre 2022], des vœux de félicitations de Mostik le chat au président Poutine ont circulé sur les réseaux sociaux russes. Le chat étant la mascotte du pont saboté, Kagarlitsky a plaisanté sur le fait que Mostik avait agi en provocateur avec ses félicitations [1]. Boris a fait remarquer plus tard qu’il s’agissait probablement d’une mauvaise blague, mais que ce n’était pas un motif suffisant pour l’arrêter.

En réponse à la détention de Kagarlitsky à Syktyvkar, loin de Moscou pour empêcher les rassemblements en sa faveur, un vaste mouvement «Free Boris» a vu le jour à l’échelle internationale et, plus important encore, dans de nombreuses villes russes. Des manifestations spontanées ont eu lieu, des protestations en ligne, des graffitis «Free Boris» ont été peints sur les murs, et des actions internationales coordonnées ont été organisées à l’occasion de l’anniversaire de Kagarlitsky en août 2023.

Des milliers de signatures ont été recueillies auprès d’intellectuels, d’activistes et d’hommes politiques de premier plan. Le président brésilien Lula a critiqué la détention de Kagarlitsky, tout comme les dirigeants d’autres pays des «BRICS» que Poutine considère comme des alliés. La libération de Boris le 13 décembre 2023 a démontré que la pression et la solidarité internationales fonctionnent.

Le procès en appel, dont Boris s’attendait à ce qu’il confirme le verdict de décembre, s’est terminé par l’annulation du verdict de décembre et une condamnation à une peine de cinq ans dans une colonie pénitentiaire à régime général. Boris a été arrêté dans la salle d’audience.

Le prétexte

L’accusation a fait valoir que Boris Kagarlitsky était en procédure de faillite et ne pouvait pas payer l’amende imposée en décembre, de sorte qu’il devait purger la peine initiale.

Ces deux arguments sont faux: Rabkor a organisé un crowdfunding le lendemain de la libération de Kagarlitsky, et 700 000 roubles ont été collectés en une heure. […] Les frais de justice et les amendes subséquentes ont ajouté 710 000 roubles au montant que Kagarlitsky devait payer. Une fois de plus, le crowdfunding de Rabkor a permis de réunir la somme requise, soit 1 410 000 roubles (15 270 dollars).

Dans un geste presque comique, la banque a essayé de refuser l’argent lorsque Boris a payé l’amende. Il devait payer en personne, mais son nom figurait sur la liste des «extrémistes et terroristes» interdits de transactions financières. Finalement, il a pu payer l’amende, ce qui a mis à mal les arguments des procureurs.

Comme l’a déclaré Ilya Budraitskis, «il est inutile de discuter d’arguments juridiques, il n’y a aucune légalité dans le cas de Kagarlitsky, dans le cas de Navalny ou dans celui des nombreuses autres personnes détenues en raison de leurs opinions. Il n’y a pas de légalité, seulement des décisions politiques venant d’en haut et prises par des tribunaux qui n’ont aucune indépendance.»

Le résultat du procès en appel était inattendu, sévère et significatif. Trois jours plus tard, le 16 février 2024, Alexeï Navalny est décédé dans une colonie pénitentiaire du cercle arctique où il était détenu. Ces événements se sont produits dans le contexte du deuxième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine, juste avant l’élection présidentielle pour le cinquième mandat de Poutine, alors que le Kremlin cherche à présenter les Russes comme unis derrière lui.

Kagarlitsky, pour sa part, a été autorisé à faire une déclaration après la décision du tribunal. Il a fait preuve de l’optimisme et de la détermination qui le caractérisent. Il a remercié Rabkor, a demandé plus de solidarité, mais ne s’est pas découragé. Il a déclaré: «Je suis comme toujours en pleine possession de mes moyens. Je continue à rassembler des données et des matériaux pour de nouveaux livres, y compris des descriptions de la vie en prison – maintenant dans des institutions moscovites [voir articles mentionnés]. Quoi qu’il en soit, à bientôt! Je suis sûr que tout finira par s’arranger. Nous nous reverrons sur la chaîne Telegram et en personne. Nous devons juste vivre un peu plus longtemps et survivre à cette période sombre pour notre pays.»

Le média de Kagarlitsky, Rabkor, a lancé un appel au soutien:

«Boris est venu à l’audience avec son sac déjà fait. Hélas, ce n’est pas en vain. Il a été arrêté dans la salle d’audience. Boris Kagarlitsky n’est ni un extrémiste ni un terroriste, bien qu’il figure sur la liste des terroristes et des extrémistes établie par Rosfinmonitoring [agence de renseignement visant des questions dites financières et le terrorisem]. Boris Kagarlitsky n’a jamais justifié le terrorisme, y compris dans la vidéo et le message postés sur sa chaîne Telegram, qui, à la demande du Ministère public, ont constitué la trame de l’affaire pénale. Si vous voulez aider, vous pouvez utiliser Patreon… Toute aide est la bienvenue.»

La fille de Kagarlitsky, qui participait à un rassemblement impromptu en faveur d’Alexei Navalny, a fait cette déclaration au sujet de son assassinat par Poutine:

«Pour nous tous, c’est un signe particulier, surtout pour ceux qui ont des parents, des amis, des associés, entre les mains du régime de Poutine, nous ne sommes pas tous en sécurité. Maintenant que Boris est derrière les barreaux, il est particulièrement important de comprendre à quel point sa situation est dangereuse, et de faire preuve d’encore plus de solidarité avec Boris, avec son cas et avec des autres prisonniers politiques. Toutes mes condoléances à la famille d’Alexeï. Il m’est très difficile d’imaginer ce qu’ils vivent en ce moment, et c’est très difficile pour nous tous.»

Une déclaration publiée par le Mouvement socialiste russe se lit en partie comme suit: «L’affaire Boris Kagarlitsky est une parodie de justice. C’est aussi une gifle aux milliers de personnes qui ont exprimé leur solidarité avec lui: ils ont écrit des lettres, fait des émissions, collé des affiches. Dès que cela sera possible, notre rédaction publiera de nouvelles façons de soutenir Boris Yulievich. #Liberté pour Boris Kagarlitsky! #Liberté pour tous les prisonniers politiques!»

Le nombre de prisonniers politiques augmente à mesure que la Fédération de Russie réprime la dissidence. Vladimir Kara-Murza purge une peine de 25 ans pour trahison. A ce propos, OVD-Info informe sur le nombre de procédures et de détentions en date du 16 novembre 2023. Parmi ceux qui sont derrière les barreaux figurent des membres d’organisations de gauche, des socialistes, des communistes, des anarchistes et des démocrates de gauche non affiliés. Boris Kagarlitsky a rédigé une lettre en faveur d’une campagne de solidarité pour tous ceux qui s’expriment en faveur des droits sociaux et démocratiques et contre le militarisme et l’autoritarisme. Ils doivent être libérés immédiatement et sans condition. (Article publié dans la revue Against the Current, mai-juin 2024; traduction rédaction A l’Encontre)

Suzi Weissman est l’auteure d’une biographie politique de Victor Serge, traduite en français sous le titre Dissident dans la révolution, Ed. Syllepse, 2006.

_____

[1] Les médias sociaux ukrainiens présentent de nombreux félins qui aident les soldats en termes émotionnels. Le thème est aussi utilisé sur les réseaux sociaux à propos des soldats russes. (Réd.)

Logo

ABOUT ENSU | ПРО ENSU | À PROPOS D'ENSU | ACERCA DE ENSU | SOBRE A ENSU | SU ENSU

LANGUAGES | LANGUES | МОВИ | SPRÅK | SPRACHEN | KIELET | IDIOMAS | JĘZYKI | JAZYKY | ЯЗЫКИ | ΓΛΩΣΣΕΣ | LÍNGUAS | TALEN | |語言 | 언어 | زبانیں | DİLLER

SOLIDARITY GROUPS AND SOCIAL MEDIA IN YOUR COUNTRY

Australia

Belgium

Belgium

Canada

Canada

France

Germany

Germany

Ireland

Italy

Luxembourg

Norway

Spanish State

Spanish State (Catalonia)

Sweden

Switzerland

United Kingdom (England and Wales)

United Kingdom (England and Wales)

United Kingdom (Scotland)

United States

SOLIDARITY: INITIATIVES, PROJECTS AND EVENTS

Campaign against Russian fossil fuel exports (Stop LNG!)

Ukrainian prisoners of war, civilian captives and abducted children

Solidarity with the independent union of Ukrainian nurses and medical workers, Be Like We Are

Stop the persecution of the Crimean Tatars

Free all anti-war activists in Russia!

Completed campaigns and events

Solidarity information by language

USEFUL LINKS: SITES IN SUPPORT OF UKRAINE

Entendiendo Ucrania

Ukraine Information Group weekly bulletins

Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA)

Make Putin Pay

Simon Pirani's blog

USEFUL LINKS: UKRAINIAN ORGANISATIONS

Federation of Trade Unions of Ukraine

Confederation of Free Trade Unions of Ukraine

Solidarity Collectives

Social Movement (Sotsialnyi Rukh)

Narodovladdia

SD Platform

National Ecological Centre of Ukraine

Razom We Stand

Ukraine War Environmental Consequences Work Group

Feminist Workshop

Ukrainian Feminist Network

Ukrainian Women's Fund

Ukrainian LGBT+ Military and Veterans for Equal Rights

ZMINA

Kharkiv Human Right Protection Group

Centre for Civil Liberties

International Centre for a Ukrainian Victory

USEFUL LINKS: UKRAINIAN MEDIA IN ENGLISH

Commons (Spilne)

Ukrainer

Army Inform

Censor.net

Euromaidan Press

European Pravda

Gordon

Hromadske

Kyiv Independent

Kyiv Post

LB.ua

Liga.net

Mirror of the Week

New Voice of Ukraine

RBC-Ukraine

TSN

Ukraine National News

Ukrainska Pravda

Ukrinform

United 24 Media

PUBLICATIONS AND RESOURCES

Soutien á l'Ukraine Résistante

Trade Union Newsletter

Feminist Anti-War Resistance (Russia)

Videos and podcasts

Leaflets | Dépliants | Folletos

UKRAINE: MAJOR THEMES

Crimean Tatars

Corruption (including July 2025 protests against dissolution of anti-corruption agencies)

Economy

Energy crisis and environment

Emigration and refugees

Feminism

Foreign, alliance and defence policy

History

Human rights, civil liberties and the rule of law

Labour movement, trade unions

LGBTQI+

Occupied territories

Pacifism

The Ukrainian left

Youth and students

ENSU’s public media policy | Politique des médias publics du RESU | Política de medios públicos de la RESU